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Reposer les relations 

Le burn-out ne touche pas seulement le corps et l’esprit. 
Il affecte aussi les relations.

Nous vivons tous au sein de plusieurs systèmes relationnels : travail, famille, couple, amis. Les approches systémiques montrent que ces ensembles reposent souvent sur des équilibres implicites.

Dans ces ensembles, chacun occupe une place particulière : celui qui prend en charge, celui qui absorbe les tensions, celui vers qui l’on se tourne lorsque surgissent les difficultés. Ces positions ne sont pas toujours formulées, mais elles structurent les équilibres du groupe.

Avec le temps, il arrive qu’une personne assume une part excessive de ces fonctions : rester disponible, absorber les tensions, répondre aux demandes, maintenir l’équilibre collectif. Plus elle prend en charge, plus l’entourage s’appuie sur elle. Une boucle relationnelle peut alors se former.

Lorsque cette charge devient trop importante, l’épuisement apparaît. Dans cette perspective, le burn-out n’est pas seulement individuel : il peut aussi signaler qu’un équilibre relationnel n’est plus tenable.

La vie sociale comporte aussi de nombreuses injonctions relationnelles : répondre vite, rester disponible, participer, ne pas décevoir. Lorsque l’énergie diminue, ces attentes deviennent pesantes.

Reposer les relations consiste alors à redéfinir certaines limites : ne plus répondre à toutes les demandes, ne plus absorber certains conflits, distinguer ce qui relève de sa responsabilité et ce qui appartient aux autres.

Mais les systèmes relationnels résistent souvent au changement. Lorsqu’une personne modifie sa place, l’entourage peut chercher — parfois sans en avoir conscience — à rétablir l’équilibre ancien. On attend alors qu’elle reprenne le rôle qu’elle occupait auparavant.

Un sentiment de culpabilité apparaît souvent dans ces moments, alimenté par les attentes explicites ou implicites de l’entourage.

Reposer les relations, c’est aussi s’appuyer davantage sur les liens qui soutiennent réellement, plutôt que d’essayer de répondre à toutes les attentes.

Réajuster les relations implique également de modifier certaines distances : espacer quelques rencontres, simplifier les échanges, s’éloigner provisoirement de certaines obligations relationnelles.

Momentanément, la solitude choisie peut être utile. Elle permet de retrouver un espace intérieur plus calme.

Peu à peu, le cercle relationnel se réorganise. Les relations retrouvent alors leur fonction première : non plus une suite d’obligations, mais un soutien possible dans la vie quotidienne. 

Ce qui soutient

  • identifier les rôles implicites que l’on porte dans les relations 
  • redéfinir certaines responsabilités 
  • poser des limites plus claires 
  • s’appuyer davantage sur les relations réellement soutenantes 
  • réajuster certaines distances relationnelles 

Références

Gregory Bateson — Steps to an Ecology of Mind. University of Chicago Press, 1972
Paul Watzlawick, Janet Beavin Bavelas, Don D. Jackson — Pragmatics of Human Communication. W.W. Norton, 1967
Sheldon Cohen, Thomas A. Wills — Stress, Social Support, and the Buffering Hypothesis. Psychological Bulletin, 1985 
Julianne Holt-Lunstad, Timothy B. Smith, J. Bradley Layton — Social Relationships and Mortality Risk: A Meta-analytic Review. PLoS Medicine, 2010